Slopestyle: lignes folles, grosses amplitudes et précision chirurgicale

Aux Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina, Livigno est la capitale du freestyle. Le ski slopestyle confirme son statut de discipline phare dans un cadre mêlant ambiance calme, esprit olympique et ferveur patriotique. Loin de toute logique chronométrique, l’épreuve repose sur la créativité, la maîtrise aérienne et la capacité à produire un run complet.

Dans ce décor alpin italien où le soleil à peiné à montrer le bout de son nez, chaque passage devient une démonstration de style autant qu’un exercice de très haute exigence technique.

Les chutes se sont multipliées, la pression est montée run après run. Et au final, le Néo-Zélandais Luca Harrington a poussé le Grison Andri Ragettli hors de la boîte.

Le slopestyle, c’est quoi exactement ?

Le slopestyle, épreuve olympique depuis 2014, consiste à enchaîner rails et sauts sur un parcours unique. En finale, 12 athlètes sont qualifiés, dont 2 Suisses. Chacun dispose de trois runs, et seul le meilleur score des trois est retenu.

La notation se fait sur 100 points, répartis en deux « catégories » :

6 modules notés individuellement (60 points) où chacun des six rails ou sauts vaut jusqu’à 10 points et est évalué selon :

  • la difficulté
  • la propreté de l’exécution
  • l’engagement
  • la maîtrise des réceptions

Appréciation globale du run (40 points) qui, elle, récompense :

  • l’amplitude
  • la fluidité des enchaînements
  • l’originalité de la ligne
  • la variété des figures
  • l’impression générale laissée aux juges

Une chute, une main qui touche le sol ou une faute sur un module peut faire perdre instantanément une grande partie du score. À ce niveau, la moindre imprécision se paie comptant.

Les références du plateau:

Birk Ruud (NOR), champion olympique 2026.

Déjà sacré en 2022, multiple vainqueur en Coupe du monde et régulièrement médaillé aux X Games, il incarne la rigueur et l’efficacité du slopestyle moderne. À Livigno, il s’impose grâce à un premier run d’une propreté totale, combinant difficulté maximale et contrôle absolu, obtenant 86,28 points. Ses deux runs suivants se sont soldés par une chute.

Andri Ragettli (SUI)

Le Suisse termine en chocolat pour la deuxième fois consécutivement aux JO. Son approche créative et ses lignes originales restent parmi les plus audacieuses du circuit, mais un manque de fluidité lui coûte à nouveau une place sur le podium. À 27 ans, il a malgré tout un énorme palmarès (champion du monde 2021, médaillé de bronze 2023, triple médaillé d’or aux X Games, vainqueur du classement général de la Coupe du monde de freestyle en 2016, 2018, 2020, 2022), …

Alex Hall (USA)

Référence du freestyle contemporain, reconnu pour ses trajectoires non conventionnelles et sa lecture très personnelle des modules. Il termine à la seconde place de ces JO.

Livigno, un tracé sans concession

Le parcours olympique alterne sections techniques et sauts de grande amplitude :

• rails hauts et étroits,

• gaps longs,

• kickers dessinés pour favoriser l’amplitude et la rotation.

À plus de 1’800 mètres d’altitude, la gestion de la vitesse et de l’air devient un paramètre clé dans la construction du run.

Classement final – Slopestyle hommes

1. Birk Ruud (NOR)

2. Alex Hall (USA)

3. Luca Harrington (NZL)

4. Andri Ragettli (SUI)

À noter enfin : Mathilde Gremaud, la Fribourgeoise, a remporté l’épreuve féminine la veille, confirmant la puissance du freestyle suisse sur la scène mondiale. Il s’agissait de sa deuxième couronne olympique.

Gaël Chuard

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